08 mars 2016

OMAC, une histoire de culture


Créé en 1986, l’OMAC (Office Municipal d’Action Culturelle) avait pour but l’animation culturelle et de loisirs, notamment en direction des jeunes, avec des cours de langues, et des manifestations sous forme de spectacles. Notons que c'est une structure qui existe dans de très nombreuses communes (Courseulles, Livarot....).

Au 1er janvier 2005 pour plus de cohérence, la gestion du CLSH (centre de loisirs sans hébergement) est transféré à l’association Guillaume VAL (association dont LPB a déjà parlé dans un article intitulé : "Bye bye le centre de loisirs"). A cette époque l’office municipal se recentre donc afin de développer, diffuser et de coordonner l’action culturelle dans la commune.

Jusqu’en 2014, ce furent 6 spectacles par an dans la Grange aux Dîmes le vendredi soir sur des thèmes très différents : sur nos origines celtes avec les soirées Irlandaises, des "Rencontres pour Lire" avec François de Cornière, des soirées musicales multiples, le  théâtre, la danse et la poésie  ne furent pas oubliés ! Comédiens, chanteurs, musiciens et choristes ont apprécié l’ambiance de ces soirées dans la Grange. L’OMAC engageait aussi des partenariats avec les événements culturels créés par des associations (expositions, journées du patrimoine, philatélie, etc.).

Mais c’est aussi la création des OUISTREHAM JAZZ ESCALES en février 2007, festival issu d’une conversation entre Laurent Lebouteiller, à l’époque directeur de l’École de Musique  Intercommunale de Ouistreham (EMIO) et le président de l’OMAC. Ce fut une belle aventure qui perdure. Merci à l’EMIO, à son directeur et ses professeurs de continuer à porter ce festival pour son 10ème anniversaire.
Souvenons nous de ceux qui ont œuvré pour et avec l’OMAC, Michèle Reaver (arts plastiques) et Pierre Queromain (chorale) et qui nous ont quittés. L'OMAC a aussi travaillé avec les présidents de toutes les associations culturelles de Ouistreham : les ateliers de Danse, l’École de Musique, le cinéma le Cabieu, la chorale, la bibliothèque, les Arts plastiques, le club philatélique et la Ville. Enfin l’OMAC c'est aussi des cours d’anglais qui perdurent et enfin ce fut l'éditeur d'un ouvrage collectif de référence sur l'histoire de la ville intitulé : "Ouistreham Riva Bella".

Quelques chiffres :
  • 39 soirées cabaret
  • 8 rencontres pour lire avec François de Cornière
  • 7 soirées danse
  • 23 soirées musique instrumentale
  • 4 soirées poésie
  • 7 soirées théâtre
  • 23 partenariats à divers manifestations sur la Ville initiées par des associations (chorale, expositions des Arts plastiques, journées du patrimoine, festival du cinéma LE CABIEU...  )
  • plus de 9 000 spectateurs en dehors de la saison estivale et de Jazz Escales.

Mais depuis 2014 que devient l'OMAC ?

 

Que se passe-t-il depuis cette date ? Une rupture ! Comme avec beaucoup d'associations ! Voici le faits et les pièces du dossier. Chacun jugera ! Rappelons-nous les paroles de R. Bail lors du conseil municipal du 25 janvier 2016 où il prétend que :

«...  l’OMAC ne participait pas d’un soutien culturel pour tous mais plutôt des soirées culturelles entre copains… ce qui était le cas depuis de nombreuses années »... « Le représentant de la municipalité a été victime d’agressions très violentes» explique Romain Bail en parlant du Conseil d'administration de cette association où l'adjointe en charge de la culture se serait faite agresser. « Le poing levé à dire des insanités » a ajouté son adjointe en parlant d'un des membres de l'OMAC. 



Mais avant cette scène publique un échange de courrier avait eu lieu entre le président de cet ancien Office Municipal et le maire : 


  • Par un courrier en date du 25 septembre 2015 le maire informe le président que la ville  "n'assurera plus à compter du 1 janvier 2016  la comptabilité et l'établissement des bulletins de paie des associations" (voir copie de cette lettre)



  • Après la réunion du conseil d'administration du 4 novembre 2015, à laquelle assistait la maire-adjointe en charge de la culture, le président de l'OMAC recevait le courrier daté du 9/11 2015 ci-dessous :  
 


 


La réponse du Président, lue en conseil municipal par l'opposition, fut brillante et représentative du sentiment qui prévaut dans beaucoup d'associations ouistrehamaises. Cette lecture publique n'attira que des remarques sarcastiques des élus de la majorité !  Nous avons l'autorisation de Monsieur le Président de l'OMAC de vous communiquer sa lettre et nous ne nous en privons pas !
 
Réponse de M. Guelle, Président de l’OMAC au maire


"Monsieur le Maire,


Votre lettre du 9 - 11 - 2015 a retenu toute mon attention.

La réunion du Conseil d’administration (CA) de l’OMAC comportait plusieurs questions :
1) Fonctionnement des cours d’anglais. Présenté par Mme Borner cette question a suscité des commentaires positifs.
2) Vente du livre « Ouistreham – Riva – Bella".
3) Réflexion sur l’adaptation des statuts. Ce débat ouvert à votre demande (voir compte rendu de l’Assemblée générale du 1 - 09 - 2015 ) a provoqué une certaine animation dans les interventions.
4) En questions diverses j’ai donné lecture de vos courriers :
- du 15 – 09 – 2015 concernant la vie associative dans la commune.
- du 22 – 09 – 2015 concernant les dossiers de demande de subvention 2016.
- du 25 – 09 – 2015 nous informant que la mairie m’assurera plus à compter du 1er Janvier 2016 la comptabilité et l’établissement des bulletins de paie des associations, et c’est là que la majorité du CA s’est trouvée en désaccord avec cette décision.

Il faut dire que les associations constituent une remarquable richesse pour une petite ville comme la nôtre. Beaucoup assurent une fonction de service public (crèche parentale, garderie périscolaire, centre aéré, etc). Les associations ont une fonction éducative en particulier vis-à-vis des jeunes, en permettant à des personnes de se regrouper pour pratiquer des activités librement choisies ; les associations créent du lien social, elles sont un remarquable outil de formation citoyenne (prise de parole dans les réunions, discussion sur les projets, élection des responsables, compte-rendu d’activité,…).

Il est un autre aspect de la vie associative qui, s’il est marginal, n’en est pas moins important. J’ai vécu suffisamment longtemps pour observer que certaines personnes touchées par un malheur personnel (décès, séparation…) retrouvent un certain goût à la vie en s’engageant dans une action associative, en particulier dans les associations caritatives dont l’objectif est de s’occuper des autres, d’apporter aide et solidarité à des personnes bousculées par la vie. Le travail en équipe, l’empathie des personnes du groupe remettent, petit à petit, pied à l’étrier, font que les blessures cicatrisent tranquillement et que le bonheur de vivre réapparait ; l’association devient psychothérapie pour les gens modestes.

Voilà quelques-unes des raisons qui font que votre décision de ne plus aider les associations nous fait réagir. Vous justifiez cette décision comme « faisant suite à une recommandation de la Chambre Régionale des Comptes (CRC) ». Une recommandation n’est pas une obligation et il me semblait que la ville se serait grandie en ne suivant pas une telle recommandation, d’autant plus que l’aide à la tenue de la comptabilité et à l’établissement des bulletins de paie est une aide simplement technique. L’agent chargé de ce service n’a aucun pouvoir de décision, aucune délégation de signature ; elle ne peut rien signer à la place des responsables des associations, ni courrier, ni chèque ; le président, la présidente de chaque association reste responsable de sa gestion. 

Dans son rapport d’observations définitives (observations délibérées le 26 mai 2015) la CRC traite des relations de la ville avec les associations dans les pages 35 – 36 – 37 :« La chambre observe que la collectivité ne valorise pas, dans ses annexes aux comptes administratifs, les mises à disposition de personnels ou de locaux auxquelles elle procède au bénéfice des associations ».

"A cet égard il convient de rappeler que l’agent municipal en charge du secteur associatif consacre une partie de son activité à l’établissement de la paie des associations,
P’tits mousses, Accueil et Animation, Guillaume Val,  et que ces trois associations bénéficient d’autres prestations en personnel et en nature".« De plus la Chambre relève que le service technique de la commune est en mesure d’évaluer les prestations qu’il rend à l’ensemble des associations de la ville dans la préparation de leurs manifestations (montage et démontage de scène ou de chapiteau…) ».

Autrement dit la CRC demande que la ville évalue les aides apportées aux associations, mais je ne vois nulle part qu’elle en recommande la suppression. Peut-être avez-vous d’autres instructions qui pourraient justifier votre décision mais en l’absence de celles-ci j’ai tendance à penser que vous prenez prétexte du rapport de la CRC pour affaiblir la vie associative et je ne comprends pas du tout ! Quel est l’intérêt de la collectivité de freiner ce fourmillement de vie, d’activités sportives, culturelles, caritatives, toutes ces personnes qui, bénévolement, donnent vie à notre société, qui encadrent les jeunes sur les terrains de sport, qui assurent le fonctionnement d’activités culturelles chant, musique, théâtre, arts plastiques, qui organisent la solidarité par la collecte de denrées alimentaires et en assurent la redistribution. Admirable mobilisation des énergies au service de la collectivité !

Imaginons que toutes les associations soient rémunérées pour le travail qu’elles effectuent gratuitement. Imaginons que les services rendus bénévolement par les différentes associations soient assurés par les services de la ville. On voit tout de suite qu’une telle transformation nécessiterait beaucoup d’argent que nous n’avons pas, outre qu’une telle innovation perdrait en qualité humaine. Dans une telle hypothèse la vie démocratique à la base y laisserait son âme.

Alors, sur cette question, au cours de la réunion du CA de l’OMAC, la discussion a été un peu vive et Mme Miralles s’est trouvée un peu seule à défendre votre position. Ce n’est jamais facile d’être minoritaire dans une assemblée mais il n’y a eu ni insulte, ni grossièreté, simplement un débat contradictoire entre six personnes.

Par ailleurs dans votre lettre du 9 – 11 – 2015 « vous regrettez vivement les jugements exprimés en public par les membres de l’association au sujet de la municipalité ». Je ne vois pas exactement à quoi vous faites allusion mais j’ai tendance à faire une réponse de café du commerce : « nous sommes en république » et chaque citoyen a le droit de porter un jugement sur le fonctionnement de la vie municipale. Que des personnes expriment en public des jugements négatifs (ou positifs) sur la municipalité c’est bien leur droit et c’est aussi le signe d’une vie démocratique qui fonctionne. En cas d’injures, de menaces, de calomnies, il y a les tribunaux pour en juger.

Pour conclure vous me permettrez de citer Beaumarchais : « sans la liberté de blâmer il n’est point d’éloge flatteur » et vous comprendrez qu’il est hors de propos que je présente des excuses au conseil municipal.

Sans agressivité et sans bassesse je vous prie d’agréer, monsieur le Maire, mes salutations distinguées."

Le Petit Bédouin vous remercie Monsieur Guelle !