19 mars 2019

Le recensement

Dotations de l’État, seuils légaux d'implantation de pharmacie par exemple, etc., le recensement de la population demeure un enjeu important pour les maires. C'est une réalité et Romain Bail, lors de la réunion du Conseil municipal du 25 février dernier, s'en est fait l'écho à propos des dotations de l’État calculées sur la population légale. On a alors entendu des inepties sur ce recensement dont le mécanisme est totalement inconnu de nos élus ! Allez voir la vidéo de ce Conseil si vous en avez l'opportunité ou le courage (à 44 minutes du début de la séance). L'Insee en a pris pour son grade tout comme le Préfet du Calvados sur un autre point ! Il ne fait pas bon être dans ces administrations étatiques avec Baillochio ! Mais revenons sur ce recensement de la population. 



C'était mieux avant ! 

Aidé par André Ledran pour lequel "c'était mieux avant", le recensement vu par Romain Bail vaut son pesant de cacahouètes ! Alors un petit cours sur le recensement peut vous aider à vous faire une opinion et pour nous ... c'était pas mieux avant ! 




Les progrès de la statistique ont permis de passer de la méthode traditionnelle du comptage exhaustif à des techniques d'échantillonnage poussées. L'Insee a engagé un chantier de longue haleine visant à modifier de fond en comble sa méthode de recensement, comme l'a prévu la loi du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximitéDepuis janvier 2004, la population est interrogée, par vagues, tous les ans sur un cycle de cinq ans, et non plus de manière exhaustive tous les sept ou neuf ans : c'est plus de photographies de l'ensemble des habitants à un instant "t". Ces "clichés", pris à des moments différents, sont plus facilement comparables pour une meilleure image année après année. Ajoutons que le coût budgétaire est inchangé avec cette nouvelle méthode. Outre le décompte de la population, le recensement permet maintenant d'observer l'évolution du parc de logements, des migrations, des quartiers urbains, de la mixité sociale et du vieillissement. 

 Résumé de l'évolution du recensement 

Alors c'était mieux avant ? 

Communes de moins de 10 000 habitants


Les communes de moins de 10 000 habitants comme Ouistreham sont recensées exhaustivement, par roulement, tous les cinq ans (2010 et 2015 en l’occurrence). Une population légale est décidée en fonction d'un principe d'équité inscrit dans la loi. Autrement dit toutes les communes ont chaque année une population légale mise à jour alors que toutes les communes ne sont pas recensées chaque année. On prend donc comme date de référence le milieu du cycle des cinq dernières enquêtes annuelles de recensement, qui est la solution la plus robuste statistiquement. Par exemple 1/1/2016 pour celle publiée fin 2018, donc intégrant l'enquête annuelle de recensement 2018.

Entre ces périodes de recensement le chiffre légal de la population est mis à jour en s’appuyant sur l’évolution du parc de logements : cette information est tirée du fichier de la taxe d’habitation !  C'est la prise en compte, en léger différé (deux ans) des nouvelles constructions qui agace Mister Bail car les bénéfices sont engrangés un peu plus tard pour la population légale Avant on pouvait attendre jusqu'à 9 ans !

Au fond ce qui agace aussi l'édile c'est que la population peut baisser même si le nombre de logements augmente. On peut le démontrer sur Ouistreham dans le paragraphe suivant mais il est réservé à ceux qui ne font pas de cauchemar avec les chiffres et les calculs. Les autres arrêtez-vous là avant la crise cardiaque. LPB ne vous en voudra pas !




Baisse de la taille moyenne des ménages


L'évolution de la population et le nombre de ménages ne suivent pas forcément le même rythme que le nombre de logements. En moyenne la taille des ménages diminuant, le nombre de ménages (et donc le nombre de logements) augmente plus vite que le nombre d'habitants. Pour passer d’une évolution du parc de logements à une évolution du nombre d’habitants, on estime, à l’aide des dernières enquêtes de recensement disponibles, un coefficient égal au rapport du rythme d’évolution de la population des ménages à celui du nombre de résidences principales. On applique ensuite ce coefficient au taux d’évolution du parc calculé sur les fichiers de taxe d’habitation pour avoir une estimation du taux de progression de la population. 


 Chiffres de Ouistreham

D'accord c'est un peu compliqué car on va faire un calcul théorique ! LPB ne recule devant rien. 
 
 Évolution du nombre de résidences principales de Ouistreham entre 2 recensements 
 Évolution de la population de Ouistreham entre 2 recensements
Source Insee

Entre deux recensements le taux annuel d’évolution des résidences a été de /
 
Va est la valeur d'arrivée soit 4501 logements
Vd est la valeur de départ soit 4411 logements
n est le nombre d'années qui séparent les 2 recensements (donc n = 5).

Le résultat obtenu est donc de + 0,40 % d'augmentation en moyenne annuelle pour les habitations (100,4 en indice).

Avec le même raisonnement et le même calcul pour la population on obtient - 0,44 % de baisse moyenne annuelle (99,56 en indice). On constate que le nombre d’habitants décroît alors le nombre de résidences principales suit un mouvement inverse. On peut alors calculer le rapport entre les deux : 99,56 / 100,4 soit un taux d'évolution moyen annuel de décroissance de la population de 0,99%

N'ayant pas les données du fichier de la taxe d'habitation ce qui suit est théorique : Les données du fichier de taxe d’habitation sont examinées par l'Insee. Si ces données font apparaître, pour la commune pour une année considérée, une augmentation du parc de logements de + 0,5 % (100,5 en indice) à titre d'exemple l’estimation de l’évolution de la population sera alors égale à : ( 100,5 x 0,99) soit 99,4 soit : - 0,6 %.





Romain Bail fait donc partie de ces maires qui considèrent que l'Insee sous-évalue la population de leurs communes. Ils remettent en question les méthodes de calcul qui "plomberaient" leur budget. Pourtant on est passés d'un recensement tous les 9 ans maintenant paré de multiples vertus à un recensement tous les 5 ans revu chaque année en fonction de fichiers externes et ça déplait ! Cherchez l'erreur !  

15 mars 2019

Finances Ouistreham : Seuil d'alerte

Le budget primitif 2018 de Ouistreham avait été voté le 26 mars 2018 et le Conseil municipal du 25 février 2019 en a approuvé le résultat. La presse s’en fait très largement l’écho chaque année avec des titres évocateurs :

"Ouistreham. Un budget 2018 contrasté et sous fortes contraintes"(lien 
"Ouistreham. Les comptes de la Ville dans le rouge" (lien). 
"Ouistreham. Le budget 2019 sur le fil du rasoir" (lien)


Le résultat du budget 2018 

En section d'investissement :

En dépenses         3 574 588,47 € 
En recettes          3 467 719,44  
Ce qui fait un solde d'investissement négatif au 31 décembre 2018 :  -56 869,03€. Sachant qu'il y avait déjà un report négatif en 2017 de -209 096,62 € le résultat négatif cumulé est donc de -265 965,65  

En section de fonctionnement :

En dépenses         11 644 174,20 € 
En recettes          11 702 818,47 
Ce qui fait un solde de fonctionnement positif au 31 décembre 2018 : 58 644,27 € pour autant que les dépenses n'aient pas été minimisées et les produits rattachés optimisés.

(Pour rappel le budget de fonctionnement 2017 présentait un solde négatif de - 547 000 €, qui fut compensé que par le report de l’excédent 2016 !)

Le résultat global de clôture de ces 2 sections est donc négatif en 2018 : - 207 321,38 €



Et pourtant ...


L'analyse fiable et factuelle du résultat est alarmante car de nombreuses charges ont baissé au cours de l'exercice 2018 qui auraient dû aboutir à un résultat positif :

  • une partie des dépenses générales sont transférées à Caen la mer (espaces verts, voiries...), (-15,76 %)
  • des effectifs (42 personnes) ont intégré Caen la mer en 2017 faisant baisser les dépenses de personnel ; des départs en retraites n'ont pas été remplacés tout comme des contrats à durée déterminée (pour rappel le scandale de l’École de Musique !) soit une baisse de 7,59 % des charges de personnel,
  • les emprunts ont été renégociés pour faire baisser artificiellement les charges sur 2017 et 2018 avec un gel sur ces deux années de l’amortissement mais accompagné de pénalités (1 139 000 €). Il va sans dire qu'en 2019 la charge des prêts explosera  
  • les associations ont vu leurs dotations très amenuisées en 2018 comme les années précédentes : - 10,65 % entre 2017 et 2018 ! 

Évidemment le maire vous dira que la baisse des dotations de l’État est responsable de la situation ! Mais regardons les choses en face : Cette dotation forfaitaire a atteint 606 618 € en 2018 contre 677 029 € l'année précédente soit une baisse de 10 % (70 411 €). Mais dans le budget de fonctionnement cela ne représente que  5 % des recettes ! N'oublions jamais que cette baisse des dotations de l’État ce n'est que 7 % du million perdu pour le CRFB !

Voilà la triste réalité pour notre commune : les indicateurs sont dans le rouge 

les pilotes du budget


Les points de vigilance en 2019 


Chers lecteurs bédouins il vous faudra écouter attentivement le prochain conseil municipal (18 mars 2019 à 17h30) car le budget primitif 2019 sera tendu en raison des charges supplémentaires qui sont d'ores et déjà annoncées : 

  • les emprunts renégociés : En 2019 l'annuité d'emprunt des 3 prêts renégociés sera de 1 320 465 € (soit + 472 733€ par rapport à 2016) annuité à laquelle il faudra ajouter celle des prêts non renégociés et les frais de renégociation de cette dette! Gageons que nous atteindrons des charges financières proches de 1,5 millions d'€ (intérêt et capital que l'on retrouvera en fonctionnement et investissement) ! 
  • les charges de personnel, 
  • les charges d'investissement ou de location : bâtiment bleu jaune, piscine, tiers lieu, CRFB (restant dû), centre nautique, ...
  • les subventions aux associations particulièrement ce qui concerne le Dansoir ou l'association La Mue de Karine Saporta (rappelons que cette association était en règlement judiciaire et n'avait vraisemblablement pas fourni de bilan pour obtenir les subventions passées (20 000 en 2017 et 19 000 € en 2018), 
  • les frais de justice et de contentieux
  • les ventes du patrimoine communal dont nous ferons un bilan prochainement
  • les renégociations avec Indigo pour le stationnement gratuit des résidents ouistrehamais et les conséquences sur le budget
  • la fiscalité des habitants particulièrement sur la taxe foncière après les promesses du maire de les faire baisser de 5%,
  • le fiasco du CRFB dont il faudra solder le reliquat dû aux architectes en cas d'annulation du marché par le Tribunal administratif.

Un budget de transition comme le titre aujourd'hui Ouest-France, reprenant l'expression de notre édile. Une transition, certes, que l'on espère rapide et au plus tard pour mars prochain, vers une nouvelle municipalité qui pourra enfin mettre un terme à cette irresponsable gabegie.

A relire 

http://lepetitbedouin.blogspot.com/2018/11/ouistreham-vit-credit.html

11 mars 2019

New age ou nouveau délire ?

A Ouistreham vous pourrez bientôt faire du co-working en open space avec un fab-lab en utilisant l'outil-thèque au sein du tiers-lieu ! Une nouvelle « révolution industrielle » est en route sur la ville pour une société collaborative et une ville interactive. Le numérique est devenu pour le maire porteur d’espoir de développement du territoire après les relations franco-britanniques ! Évidemment si ce n'était pas Romain Bail qui présentait le projet on regarderait attentivement mais avec lui ...

Au lieu d'une médiathèque ...


Le centre socioculturel de Ouistreham (CSC), ouvert en 2010, devait être achevé après 2014, une partie basse n’étant pas terminée. Cette partie du rez-de-chaussée devait accueillir une médiathèque, équipement intergénérationnel, accessible, convivial et troisième lieu de vie à coté du lieu de travail et de la maison. Concertations, études préalables, projet scientifique et technique, concours d’architecte et avant projet étaient achevés, présentés et payés. Les demandes de subventions étaient en cours lors du changement de municipalité. Le projet s’est donc arrêté net, refusé par un Romain Bail obnubilé par son centre des relations franco-britanniques (CRFB) ! Depuis près de cinq ans la partie inachevée du Centre est le lieu de différents trafics mais sert aussi de dortoir aux migrants.


projet de médiathèque et espace numérique

Après avoir vilipendé à de nombreuses reprises ce centre socioculturel en raison de son coût de construction et de ses coûts en personnel, Romain Bail opère un grand virageconsent à achever le rez-de-chaussée en créant un « tiers lieu ».

...un tiers lieu à Ouistreham …


C’est Monsieur Hitier qui a eu l’insigne honneur de présenter ce qui figurait au point 6 des débats du Conseil Municipal du 25 février 2019 à savoir le « projet de création d’un tiers-lieu dans le centre socioculturel ». Après lecture, ce dernier concluait joyeusement son exposé par "Je fais confiance à Monsieur le maire sur ce sujet!" avec un sourire complice. Il est bien le seul !

La municipalité va donc aménager 753 m2 en « tiers-lieu » avec : un Fab-Lab et une outil-thèque, une salle de co-working, une salle de réunion et de formation, deux bureaux, un espace d’accueil partagé avec le centre socioculturel, un espace radio, un espace reprographie, un espace kitchenette, et deux toilettes … pour un budget estimé à 697 586 € HT donc plus de 800 000€ TTC. Romain Bail prévoit le lancement des travaux au début de l’année 2020. "Un projet généralement porté par des municipalités de gauche" constate le maire en conseil municipal et qui constitue un échelon "de démocratie participative" ! (lien)

Ouah…   quelle transformation « édilique » ! Comme la pluie abreuve enfin une terre aride, Romain fut touché par la grâce participative : il va terminer un projet lancé par son prédécesseur pour un espace de rencontres entre personnes de compétences variées qui n’ont pas forcément vocation à se croiser !  C’est une vraie révolution existentielle ! 

Mais le vote a été reporté au prochain conseil municipal du 18 mars 2019 car ni l’opposition, ni une partie des membres de la majorité ne connaissaient le projet : aucun document écrit, pas de projet formalisé, la visite du Dôme à Caen prévue n’avait pas eu lieu (lien) ! Une telle visite devait permettre aux élus de se familiariser avec ces espaces collaboratifs (recherche et innovation scientifique dans le cas du Dôme)  mais doutons que ce tiers-lieu caennais, très spécifique, soit le modèle à retenir pour Ouistreham !  Un tiers-lieu doit naître de la volonté de faire émerger un projet et non l’inverse…. On est loin du compte à Ouistreham ! On lira avec intérêt le démarrage du tiers-lieu de la rive droite de Caen où le projet se construit avec les habitants et dans la durée.(lien)
  

… c’est quoi ?


La notion de « tiers-lieux » (The Third Place) est apparue en 1989 dans « The Great Good Place », un livre de Ray Oldenburg, sociologue américain. C'est tout lieu de sociabilité autre que la maison et le travail. Il s’agit d’un lieu fréquenté quotidiennement par ses usagers.


Ces « tiers-lieux » permettent de répondre à plusieurs défis auxquels les élus sont souvent confrontés :
  • les difficultés de mobilités pour les salariés des aires urbaines,
  • l’attractivité économique de la commune en utilisant des locaux vides,
  • l’émergence d’une nouvelle économie collaborative et le manque de lieux favorisant son développement,
  • le développement durable en limitant l’usage de la voiture…

En France on dénombre plus de 1800 tiers-lieux qui sont d’une étonnante diversité. Ils préfigurent les nouvelles manières de travailler, explorent des voies de créativité et d’innovation, répondent souvent aux besoins de la jeunesse et intéressent les entreprises. Ils drainent parfois des activités de proximité, encouragent les circuits courts, le partage et la réutilisation des ressources, le recyclage... La transition numérique y est évidemment un atout …. 

Certains tiers-lieux sont à vocation culturelle (liens entre les acteurs de la culture du territoire), d’autres à vocation sociale (structurés autour des acteurs de l’économie collaborative, sociale et solidaire par exemple), ou encore purement numérique. Les "co-working spaces" sont des espaces de travail partagés pour télétravailleurs ou indépendants. Certains relèvent du service public comme des conciergeries solidaires, des commerces multiservices, des laboratoires d’innovation publique…


Mais ces lieux sont encore émergents, avec un équilibre difficile à atteindre et des freins administratifs, culturels… ce fut très net au Conseil municipal dernier où une partie de la majorité était pour le moins sceptique ! Une réflexion approfondie sur la gouvernance est une première condition de réussite. L’animation est aussi un facteur primordial de dynamisme et de pérennité des espaces collectifs. Hélas Romain Bail propose de déplacer une personne du Centre socioculturel vers ce « tiers-lieu » et c’est déjà refuser de reconnaître un métier émergent. 

Enfin le tiers-lieu est une démarche collective. Il ne peut se déployer s’il n’est pas porté par un collectif large qui le fait vivre au quotidien pour répondre aux critères, intérêts, attentes et talents du groupe. Pas sûr que la réflexion de R. Bail sur le sujet ait atteint  ce stade.


 Notons que les "porteurs" pour la Région sont à la fois 
les collectivités, les entreprises et les associations !  
Est-ce le cas à Ouistreham ? On en doute !


Un nouveau vocabulaire

Quelques mots vont désormais avoir cours sur Ouistreham !

CO-WORKING : c’est un type d’organisation du travail qui regroupe à la fois un espace de travail partagé, mais aussi une communauté de co-workers, c’est-à dire de travailleurs encourageant l’échange, l’ouverture et la collaboration

FAB-LAB (abréviation de Fabrication laboratory) : c’est une plate-forme ouverte de création et de prototypage d’objets physiques, «intelligents» ou non. Il regroupe un ensemble de machines à commande numérique de niveau professionnel, mais standards et peu coûteuses.

HAKERSPACE(ou hacklab) : c’est un espace dédié à des ateliers spécifiques, autour d’un outil ou d’un projet numérique, qui rassemblent des groupes de passionnés possédant un intérêt commun. Ils fonctionnent comme des centres pour le partage et la transmission de connaissances

MAKERSPACE : Il regroupe savoir-faire numériques (community manager, web designer, roboticien, etc.), artisanaux (menuisiers, stylistes, créateurs de bijoux, maroquiniers, etc.) et artistiques (street artistes, plasticiens, sculpteurs, designers, etc.)
...

Ces nouveautés ouistrehamaises donnent davantage l'impression d'un rush pour faire oublier le bide du CRFB avec sa gabegie abyssale et permettre d'attribuer encore quelques marchés aux entreprises du BTP avant la fin du règne baillesque. Oubliées les économies, on sort le chéquier et on arrose !

Pour en savoir plus sur les tiers-lieux 




06 mars 2019

Une hibernation troublée

On avançait doucement dans l’hiver. Ouistreham semblait être redevenue une bourgade paisible de la grande couronne caennaise. La mer était étale, le vent berçait avec délicatesse les nuits des bédouins et des racachis. Les migrants comme les arbres nus, le Dansoir ou les véhicules de la gendarmerie faisaient à présent partie du paysage. Romain Bail se faisait discret - échaudé peut-être par les conséquences passées de ses fanfaronnades. Les travaux, avenue de la Mer, battaient leur plein. lien . 





Un peu plus loin, au bord de l’eau, s’affairaient les poseurs de planches qui relieraient bientôt le poste de secours numéro un à la stèle commémorant les commémorations du 6 juin 2014. La mer était étale, le vent berçait avec délicatesse les nuits des bédouins et des racachis… qui n’étaient pas loin de céder au doux appel du sommeil.


Après le Beaujolais, le Romain Bail nouveau était arrivé : zen dans ses apparitions publiques, l’arrogance en quarantaine, à peine présent dans les médias, sans répit répétant qu’il préférait se tourner vers l’avenir, martelant sur les réseaux sociaux que seuls lui importaient ses administrés et le dynamisme de sa ville… Espérait-il, à dix-huit petits mois de la prochaine élection municipale, redorer un blason terni par plusieurs affaires judiciaires dont une au moins s’était soldée par un échec personnel ? S’efforçait-il d’édulcorer sa réputation d’homme colérique et entêté, n’écoutant que lui seul, n’agissant qu’à sa guise sans le moindre égard pour ses contradicteurs ? Toujours est-il qu’il semblait bien, mué en marchand de sable, vouloir endormir ses administrés et leur donner l’image d’un maire neuf, au-dessus de tout soupçon et d’une ineffable affabilité.
Romain Bail, ex-poulain prometteur des Républicains, celui-la même qui avait conquis l’imprenable bastion socialiste de Ouistreham et auquel on prédisait un avenir politique radieux, était-il en passe de se mettre en mode « François Hollande » ? 


Un maire normal pour une gouvernance normale ? Jugez-en. 

Acte 1 : fi de Caen-la-Mer et reprise de son activité d’enseignant. Pour être au plus près des gens, quoi de mieux que d’être au contact des djeun’s ? 
Acte 2 : fi des voyages aux quatre coins du monde ! Adieu donc le Cameroun, la Croatie, les States et la Nouvelle-Orléans, bonjour Colleville-Montgomery et Saint-Aubin d’Arquenay. En toute simplicité.
Acte 3 : fi du fameux Centre des Relations Franco-Britanniques – officiellement en suspens – et du million d’euros (estimation basse) dépensé pour rien autour de cette lubie initialement censée devenir « l’œuvre  d’un mandat ». 
Acte 4 : fi des ASVP qui jadis étaient spécialement recrutés pour rendre rentable le stationnement payant, on n’en embaucherait pas la saison prochaine ! 
Acte 5 : fi des grands de ce monde ! Adieu Bruno Le Maire, l’Ambassade de Grande-Bretagne à Paris et le PSG ! Bonjour le quartier de la Reine Mathilde et les joueurs de l’AJSO !  Fi donc, du strass et des paillettes, Romain Bail avait à l’évidence mis de l’eau de son chablis. 
Acte 6 : fi des grandes annonces ! Lors des traditionnels vœux du maire, en toute sérénité, sans coup d’ com’ ni trompette, la tête pensante du conseil municipal avait timidement annoncé sa candidature à sa propre succession, candidature qu’à peine quelques entrefilets dans Ouest-France et Le Liberté avaient relayée dans les jours qui suivirent
Acte 7 : ben il n’y a pas encore d’acte 7. Mais on peut bel et bien affirmer qu’à l’instar de son magazine LE CAP – trois numéros en quatre mois en 2016, puis trois parutions en un an en 2017, deux en 2018 – les frasques de Monsieur le Maire s’étaient réduites à peau de chagrin. Et force est d’admettre qu’on ne pouvait que s’en réjouir, un maire simple et discret nous paraissant plus souhaitable à la tête de notre ville qu’un élu agité et bling-bling qui flatulerait plus haut que son postérieur. Aussi désireux, à présent, de se fondre dans la foule que jadis prompt à accéder aux feux de la rampe, Romain Bail pouvait désormais profiter des soldes pour lèche-vitriner incognito ! Il pouvait enfin goûter aux joies d’être l’élu sans pour autant se la jouer au dieu odieux. Parce que dans sa communication aussi, changement de dircom oblige, le loup aux dents longues était devenu doux agneau ! Alleluia ! lien


Et puis, patatras... Car voilà, le naturel revient au galop quand on s’échine à le chasser, et les efforts de l’élu pour se racheter une conduite furent ruinés en une soirée lors du dernier conseil municipal, préparatoire au prochain qui sera le théâtre du toujours tumultueux vote du budget. Sur un air de déjà vu mais qu’on osait penser révolu, Romain Bail y vit ses nerfs mis à rude épreuve et renoua avec ses vieux démons : affrontements stériles et peu cordiaux avec l’opposition, ricanements goguenards et réparties prétendument cinglantes – qui ne firent (sou)rire que les membres de la majorité, allusions récurrentes à l’équipe municipale précédente, moquée par celui qui honora pourtant son prédécesseur du statut de maire honoraire de la commune… Et partirent en fumée, en une soirée, tous les espoirs de ceux qui avaient cru déceler une certaine volonté d’apaisement dans la récente attitude du maire. Une question, alors, se posa inévitablement : pourquoi ce retour aussi brusque qu’inattendu de la nervosité ‘édilique’ ? Un élément de l’actualité récente nous donne sans doute une réponse…lien


Je ricane

En effet, de même qu’après la pluie vient le beau temps, souvent le calme précède la tempête… Il avait beau être – (ap)paraître ? – zen, monsieur le Maire, quelques jours avant le conseil municipal évoqué plus haut, la justice était revenue lui rappeler l’existence d’un dénommé « tribunal correctionnel ». Une histoire de procès verbaux, refit surface. Résumé de l’affaire : officier de police judiciaire puisque maire de la commune, Romain Bail aurait dressé une série de procès verbaux dénoncés comme abusifs par ceux qui en étaient destinataires : entre autres, l’ancien maire d’Hérouville-Saint-Clair, François Geindre ainsi que la directrice d’Emmaüs. Sanctionnés par notre maire pour stationnement gênant. Une dizaine de plaignants, tout de même : on ne peut donc pas parler d’acte isolé. De là à parler de malveillance… Pis, certains de ces procès-verbaux seraient entachés d’irrégularité(s) … Enfin, quelques-unes des personnes verbalisées se défendent de s’être garées sauvagement, et font état d’un stationnement de quelques minutes sur un emplacement ne mentionnant aucune interdiction. De là à parler d’abus de pouvoir… lien


Bien sûr, on nous mettra en garde, arguant à juste titre de la présomption d’innocence. Certes. Mais pour une fois qu’innocents, nous le sommes, nous, petits bédouins du Petit Bédouin, dans cette histoire, permettez-nous, non pas de nous réjouir, mais d’être dépités par ce nouvel épisode qui, mettant encore une fois en cause notre maire, écorne une fois de plus l'image de notre ville. Ouistreham serait-elle en passe de devenir le Levallois-Perret du 1-4 ? La suite dans le prochain épisode, en juin, avec la comparution de Romain Bail au tribunal correctionnel. Puis la suite de la suite dans le prochain épisode, en octobre, avec le jugement en appel de l’affaire dite du « faux mail »... Netflix en fera-t-il une série ?

03 mars 2019

A l'heure des comptes ...

Dans une commune sens dessus dessous, il faut ardemment espérer que la justice suive son cours en correctionnelle comme au Tribunal Administratif. L’univers mis en place par Romain Bail sur Ouistreham se fissure de partout… Enfin dirons-nous ! Ses concussions éventuelles (la justice le dira), sa gabegie, ses attitudes méprisantes ou abusives, ses manœuvres, ses mensonges … apparaissent de plus en plus au grand jour. D’ailleurs il n’est plus soutenu que par quelques esprits étroits et sectaires (se taxant d’objectivité intellectuelle, quelle rigolade !) qui restent plus fidèles aux LR plus qu’au personnage ! Ce grand dérapage laissera des traces profondes à l'heure de régler l'addition.




Vous le savez nous sommes nombreux et de tous bords politiques à avoir été révoltés par ce que nous vivions sur la ville !  Et à l’heure des mouvements de révolte, il est peut-être nécessaire de rappeler pourquoi "Le Petit Bédouin" s’est révolté contre une action municipale anarchique, dispendieuse, clivante …, depuis plus de 4 ans maintenant, malgré les intimidations et les procès qui lui ont été intentés. C'est pourquoi nous vous proposons une rétrospective de ce que nous avons collectivement vécu sur 2014 autrement dit pour les 9 premiers mois d'exercice du pouvoir local de Bail et son équipe !



Au début du mandat de Romain Bail nous avions bien repéré des anomalies, des irrégularités, des comportements égocentriques, ... mais nous avons attendu un peu pour émettre un jugement. Depuis les choses se sont précipitées si on en juge par les actions judiciaires ! 

Souvenez-vous ...
  • des élus de la majorité qui ne payaient pas leurs impôts sur la commune de Ouistreham et qui n'étaient donc  pas éligibles ;
  • des frais somptuaires pour le réaménagement complet du bureau du maire auxquels il faut ajouter des frais de déplacement en Europe et ailleurs, des frais de représentation ou de bouche tout aussi exorbitants ! Un exemple ? N'oublions pas les frais engagés au moment de la foire de Caen avec 1400 entrées payées par la ville et envoyées à des amis (?), un buffet pour 500 personnes commandé à un grand traiteur pour annoncer le changement de nom de la ville ; 
  • du changement du nom, en effet, de la ville (OUISTREHAM devient OUISTREHAM RIVA BELLA) sans autorisation, sans avoir fait les démarches légales au-préalable, sans consultation de la population... ! Une audace qui fait fi de toutes les règles administratives qui s'imposent dans un tel cas même au premier magistrat de la commune ...
  • de l'annonce unilatérale dans la presse, de la volonté du jeune loup de fusionner les communes de Ouistreham, Colleville-Mongomery et Saint Aubin d'Arquenay, et ce, sans avertir les maires de ces communes (lien) (lien; il voulait conquérir la Côte de Nacre...


Souvenez-vous encore ...

  • de l'envoi d'une lettre aux enfants et adhérents de l'association de danse (après s'être procuré illégalement le fichier de ces adhérents) dénonçant le soi-disant sectarisme de la présidente démissionnaire (après 30 ans d'activité bénévole), au prétexte qu'elle a remercié le maire sortant, André Ledran pour 30 ans d'aides à la plus grande association en nombre d'adhérents ; 
  • de l'envoi à tous les habitants de courriers sous la forme d'homélies sirupeuses, de prescriptions moralisatrices et de recommandations infantilisantes ;
  • de la création de postes à la mairie : un chef de cabinet confortablement payé et deux chargées de mission Europe entre autres ... pour un coût global annuel de 198 642 € (postes Europe superfétatoires puisque n'étant pas de la compétence de la commune) ; d'autres chargés de mission seront aussi recrutés plus tard pour le musée !
  • de l'aide accordée au skipper Yvan Bourgnon à hauteur de 50.000 € mais avant d'avoir réuni le conseil municipal ; 
  • d'une "réflexion" sur la démocratie communale qui a abouti à la suppression des réunions du conseil municipal mensuelles et à la limitation drastique du temps de parole de l'opposition ; 
  • de la suppression de la subvention aux écoles publiques pour emmener les enfants au ski ; 
  • d'une baisse de 10% du budget des écoles primaires mais également une baisse des prestations de la mairie dans les écoles (nettoyage, bibliothèque...) ; 
  • de la baisse du budget nourriture à la cantine des écoles de Ouistreham (- 43 000€).

N'oubliez pas non plus ...

  • le cas de népotisme avéré avec l'affectation de la "compagne" du maire, à l'école de Ouistreham alors qu'elle était en poste dans l'Orne et était bien loin d'avoir l'ancienneté requise; elle est passée devant 38 enseignants révoltés ; LPB a reçu des messages de la France entière pour ce cas ! 
  • la suppression de toute aide à l'organisation du téléthon sur Ouistreham...donc une première année sans téléthon sous l'ère Bail pour une ville qui était ambassadrice de ce téléthon; 
  • l'annulation de la distribution de chocolats aux seniors pour Noël ; 
  • la vente de matériel d'éclairage de Noël neuf aux enchères ainsi que d'un nombre important de livres de la bibliothèque entreposés dans les sous-sols de la mairie, entre autre choses. Tous ces objets ont été vendus sans se poser la question de savoir si c'était des biens susceptibles d'être vendus ou non ; certains documents historiques auraient dû être déposés aux archives !
  • et cerise sur le gâteau... les comptes de campagne de Bail ont été rejetés par à la Commission Nationale des Comptes de Campagne et du Financement Politique (CNCCFP) car des dépenses avaient été « sous-évaluées ou omises » par le candidat UMP  !


Ce n'était que le début !



25 février 2019

Le nouvel écolo de service !



Poursuivons l'année en faisant connaissance de nos maires adjoints, vous savez ceux qui contribuent à rendre votre vie si agréable sur Ouistreham ! Aujourd'hui Monsieur Hitier, maire adjoint en charge de l’Urbanisme, Aménagement, Accessibilité et Développement Durable.



  • Monsieur Hitier c'est le poète des carrefours à 4 stops qui ont fait rire la France entière et qui exaspèrent les automobilistes ouistrehamais ! (lien) (lien). Depuis il nous a fait découvrir les carrefours à 3 stops, l'amateurisme des places de parkings à géométrie variable (lien), les rues à double sens mais de largeur insuffisante pour que les voitures se croisent, les parkings payants avec possibilité de paiement par téléphone (lien)  ... 
  • Monsieur Hitier c'est le troubadour des PPP, surtout celui portant sur des travaux de voiries en 2016 juste avant l'entrée de la ville dans la communauté urbaine. Vous savez le PPP qu'il est allé étudier en Finlande (lien) avant qu'il ne soit invalidé par le préfet... (Lien1) et (lien2 ) mais a coûté à la ville 105 775€ en tout, dont 4 800€ de frais d’avocats en pure perte
  • Monsieur Hitier c'est le chantre du PLU  (Plan Local d'Urbanisme) celui pour lequel le préfet a rendu un avis défavorable en raison de l'absence de prise en compte du risque de submersion marine et de la loi littorale.(lien: aller sur la p. 21, point 4.2.1 avis de l'Etat).
  • Monsieur Hitier c'est le métromane des inaugurations ! Quelques centaines de mètres de piste cyclable, des toilettes publiques ... il toujours répond : "présent" !


 
  • Monsieur Hitier c'est le scoliaste qui a porté le dossier de la Passerelle Baie de l’Orne de l'estuaire, à Caen la mer, projet jugé contraire à la loi littorale par le préfet (l'estuaire est protégé *).  
  • Monsieur Hitier c'est l'aède du Dansoir dont il a dû perdre le permis de construire puisque ce théâtre de poche n'était implanté que pour un an et qu'il entame sa troisième année sur la place du marché en toute illégalité !
  • Monsieur Hitier c'est le ménestrel de l'urbanisme qui va bientôt nous donner les explications concernant le rejet, par le préfet et le TA, du concours d'architecte pour le Centre "fantomatique" des Relations Franco Britanniques (CRFB) qui a déjà coûté en pure perte 1 million d'€ aux Ouistrehamais !  De nouveaux procès en perspective en 2019 au tribunal administratif.
  • Monsieur Hitier c'est le héraut de la "sensibilisation à l’environnement et à l’éco-citoyenneté, gestion des espaces naturels, études environnementales"... sur le papier car on n'a pas encore pas vu concrètement les choses ... peut-être en 2019 ? Même s'il a participé aux comités de pilotage du plan de prévention multi-risques de la Basse Vallée de l’Orne au sein des services de l'Etat, (lien) pour le CRFB, il a oublié les risques de submersion marine !
  • Monsieur Hitier c'est le rapsode de la politique de l'arbre ! Il a dû avoir un moment d'absence en permettant l'utilisation du moabi pour la promenade de la plage puisque cet arbre est "vulnérable"’ selon la liste rouge des espèces menacées de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) (lien). Il devait aussi avoir un passage à vide lors de l’abatage des arbres du stade Kieffer et des autres qui ont suivi ! Depuis peu il essaie de se rattraper mais on n'est pas dupe de cette reconversion tardive et surtout nous n'avons plus aucune confiance !
(lien)
Un coup de com' dans le Ouest France du mois de Février
 
Du moabi espèce vulnérable d'un côté pour les planches
 et des espèces végétales protégées de l'autre, cherchez l'erreur!
  • Monsieur Hitier c'est le trouvère du recyclage qui s'approprie les "nouveaux conteneurs et points de collecte" pour les produits en verre recyclés, réalisés par Caen la mer. Est-ce lui qui a recyclé les 2 magnums de Chablis  à  598 € de chez Laurent à Paris ? (Lien)
  • Monsieur Hitier c'est le félibre de la fidélité à toute épreuve au maire, au risque de se perdre. Il soutient R. Bail « Nous lui confirmons librement notre confiance et notre soutien pleins et entiers" mais se dit « interpellé » par l’extrême sévérité du jugement du tribunal correctionnel reconnaissant ainsi la faute du maître ! lien  Il ne s'est d'ailleurs pas constitué partie civile, lui le 1er adjoint, pour la ville en vue d'obtenir réparation du préjudice subi. Aura-t-il la même fidélité en juin prochain avec le nouveau passage en correctionnelle de Bail pour atteinte à la liberté pour personne dépositaire de l'autorité publique ? 


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* Le site de l’Estuaire de l’Orne fait l’objet de mesures de préservation depuis 1991, date à laquelle a été rédigé le 1er plan de gestion. Dans le but de s’adapter aux évolutions de l’estuaire, ce document a été évalué et actualisé en 2010.