25 octobre 2016

Retour à l'envoyeur


Vendredi soir, quelques distributeurs stipendiés ont déposé dans les boîtes à lettres ouistrehamaises un courrier hâtivement rédigé par le maire à la suite de la révélation, par "Le Petit Bédouin" et la presse locale, du chapelet de casseroles accroché à ses basques. Sa "volonté de servir Ouistreham" se heurterait en ce moment à quelques "turbulences" comme il dit... Une nouvelle occasion de se répandre en lamentations sur le thème "ce n'est pas moi, c'est les autres" et d'allonger, au fil des lignes, approximations, contre vérités et mensonges éhontés.


Partenariat Public-Privé à la trappe...

 


Et pourtant Monsieur Fricout avait négocié avec le préfet... ! "Fric, out" comme on dit en franglais sur la "plage to be". Les espoirs éventuels de prébendes, commissions et autres petits bénéfices des amis se sont évanouis. Parallèlement l'avenir financier de Ouistreham retrouve des couleurs, même si le montage du dossier a coûté plusieurs dizaines de milliers d'euros (110 000€ semble -t-il). Et Romain d'accuser "certaines administrations sous influence" d'avoir cassé son jouet.

Mais, monsieur le maire, ce ne sont pas "certaines administrations", mais le Tribunal administratif, la Justice quoi, et ses magistrats qui ont "dit le droit" en censurant une décision mal préparée, mal instruite et surtout catastrophique pour notre commune. Et Romain de taper du pied, de trépigner et de faire appel. "Nous allons donc faire appel de la décision du Tribunal Administratif dans les meilleurs délais " écrit-il aux Ouistrehamais. Petite confidence... cet appel n'est pas suspensif et le maire ne peut donc pas signer les contrats avec les entreprises sauf à engager sa responsabilité personnelle et celles de ceux qui voteront l'autorisation... On se permet de penser que son courage, son abnégation et son... amour pour nous n'iront pas jusque là. Quant à l'effet de l'appel,... dix huit mois à deux ans sont nécessaires pour que la Cour administrative d'appel de Nantes statue. D'ici là la compétence voirie sera transférée à Caen la mer (au 1er janvier 2017). Vous pouvez toujours trépigner, pester, accuser la terre entière, la messe est dite, monsieur le maire !

Conseillers municipaux allez vous pousser ou soutenir votre édile à endetter davantage la commune avec des frais de justice pour rien puisque le champ couvert par ce PPP sera du ressort de Caen la mer ? Un peu de courage que diantre !

Injustice fiscale...

 



Une lecture rapide de l'épître du Romain pourrait laisser croire que l'augmentation des impôts serait le fait de l’État. Or qu'en est-il ? 

L'augmentation des bases qu'il invoque est une disposition annuelle figurant dans la Loi de finances votée par le parlement depuis au moins une cinquantaine d'années. Généralement fixée autour d'1,5%, elle est destinée à corriger l'effet de l'inflation et à enregistrer l'augmentation de la valeur de l'immobilier. Vous auriez dû suivre notre université d'automne Romain Bail, vous l'auriez su ! De plus cette augmentation ne s'impose pas aux conseils municipaux qui peuvent, s'ils le désirent, baisser les taux pour annuler l'effet de la revalorisation. On doute que l'inexpert comptable adjoint aux finances, le féal Bobby le sache ou l'ait expliqué à son maître. Quant à la taxe GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations), elle s'élève pour la plupart des contribuables à un ou deux euros. 

Donc l'augmentation quasi-générale de la taxe d'habitation (sauf celle des résidents secondaires) est bien due à la suppression brutale des abattements votée par la majorité du Conseil municipal le 25 septembre 2015. Au nom de l'équité, dit-il ! Et pour un produit particulièrement faible pour la commune puisque, du fait des mécanismes fiscaux, plus des deux tiers vont à Caen la mer... qui n'avait rien demandé ! En fait, et pour autant que le budget de la commune ait eu besoin des 120 à 150 000 euros que cette désastreuse mesure va rapporter à Ouistreham, (il aurait été possible de les économiser en se passant, entre autres, des conseils du cabinet chargé de préparer le dossier PPP), la bonne mesure était de se résoudre à augmenter légèrement les taux d'imposition comme l'avait suggéré l'opposition. A ce propos, contrairement à ce que le prétend le maire, les taux n'ont été augmentés par l'ancienne équipe qu'une seule fois en trente ans, lorsqu'il a fallu compenser la baisse des produits du casino lors de la crise de 2007-2008. 

Sur ce sujet nous nous sommes livrés à un rapide et sommaire calcul. Pour récupérer 150 000 euros, somme rapportée à la ville par la fin des abattements, il aurait fallu augmenter les taux des taxes foncières et d'habitation d'environ 3,5 %. Si le rédacteur du présent article en juge par sa propre feuille d'impôts, il lui en aurait coûté 29 euros (taxe foncière et taxe d'habitation) au lieu de 80 euros constatés cette année. Et c'est sans compter les 2 euros de GEMAPI ! Ajoutons que le dit rédacteur bénéficie assez peu des abattements...

Sans doute mal conseillé, mal inspiré par un travail bâclé, emporté par ses slogans, le malheureux maire de Ouistreham s'est embarqué dans un processus calamiteux qu'il ne parvient plus à enrayer; son seul recours est d'accuser le sort, les administrations, la justice, l’État...

 

A en perdre son latin...

 

La dernière partie de la lettre du maire est un modèle d'absurdité, d’hystérie confondante.
 
Et de s'en remettre à la Providence en promettant dans ce même courrier la rénovation de l'église (quelle étrange expression pour parler de travaux sur un sanctuaire roman!) comme au Moyen Age on partait à genoux à Chartres pour expier quelque faute... Ah au fait, renseignements pris, il ne s'agirait que d'un modeste démoussage de la toiture.

"Ma détermination face à l’État a permis de sauver la ville d'une amende colossale pour manque de logements sociaux!": 105 000€ d'amende, vous avez raison Romain Bail c'est une somme colossale mais moins importante que toutes les études inutiles que vous avez fait faire depuis deux ans, beaucoup moins importante que ce que vous prélevez aux Ouistrehamais avec la taxe d'habitation pour les donner à Caen la mer, moins importante que les sommes engagées pour un PPP rejeté par la justice... Et la liste est longue !

"L’État ne peut imposer ses vues au peuple souverain !" Là on touche le fond ! Nous sommes dans une démocratie et l’État est le protecteur du peuple souverain Romain Bail et pas vous qui ne comptez que quelques irréductibles dans une ville divisée par vos lubies irréalistes. Cessez d'utiliser des expressions grandiloquentes et boursouflées que vous ne maitrisez pas ! 

"La minorité a partout un droit éternel ; c’est celui de faire entendre la voix de la vérité, ou de ce qu’elle regarde comme telle» (Robespierre).