03 mai 2016

Notre petite cité ouistrehamaise

Une richesse architecturale...


De nombreux visiteurs viennent profiter de notre cadre de vie quotidien, de la mer bien sûr, mais également de notre patrimoine architectural qui présente de nombreux éléments remarquables. Le phare emblématique, les cabanes de plage, la villa château Thierry et pour ceux qui aiment arpenter les trottoirs de notre commune de nombreuses et simples pépites, villas ou modestes cabanons dans des rues discrètes. Le diagnostic communal relatif au plan local d'urbanisme (P.L.U.) consultable sur le site de la mairie, et rédigé par l'agence Schneider de Caen (architectes et urbanistes (lien), inventorie d'ailleurs toutes ces constructions remarquables. Et c'est avec un réel plaisir que l'on y a découvert, entre une photo du phare et de l'espace naturel de la pointe du siège, une photo de la cité jardin (page 219) (lien).

Page 219 diagnostique PLU.


.... y compris dans de modestes petites maisons ...


Ce lotissement ouvrier ancien proche du bourg est classé dans les "constructions et éléments paysagers qui signent l'histoire architecturale locale", au même titre d'ailleurs que la ferme du pavillonddon,  l'une des longères a été intégrée au centre socioculturel, et qui est mis en valeur sur l'espace public numérique de notre ville par des photos anciennes et un document vidéo (lien).

Page 218 du diagnostique communal PLU.

Cet élément est également entouré en bleu sur la carte page 216 sous le terme :"constructions remarquables repérées".(zoomer un peu sur la carte originale) au même plan que d'autres ensembles architecturaux...


Les rédacteurs qualifiés de ce document, très complet et pointu, ont su relever ce petit alignement de treize maisons ouvrières construit dans les années trente (1928) autour d'une large rue, témoin d'une démarche architecturale progressiste pour l'époque, qui visait à offrir aux revenus modestes un logement et une surface de terrain permettant de cultiver un potager. La ville s'est développée tout autour et l'on imagine sans peine le bonheur et la joie des premières familles investissant ces petites maisons jumelées en pierres blanches entourées par des champs. Le grand maire à cette période (1919-1943) que fut M. Alfred Thomas  (voir lien article LPB) et qui fit tant pour la commune, notamment pour la mise en valeur du bord de mer n'avait pas oublié de s'intéresser aux habitants les plus modestes surtout quand on connaît le contexte économique à cette époque (crise de 1929 suite au krach boursier).


Détail d'une carte postale "Gaby" non datée. (Vue largement postérieure à la construction de la cité)

Un concept architectural né en Angleterre


Ouistreham n'est pas la seule ville à posséder une cité jardin. Ce concept urbanistique né en Angleterre en 1898 a rapidement essaimé dans de nombreux pays ce qui témoigne de son intérêt pour la collectivité. Selon Wikipédia :"En France, une cité-jardin est selon le Service de l'Inventaire du patrimoine, un "lotissement concerté, où les habitations et la voirie s'intègrent aux espaces verts publics ou privés, et destiné généralement en France à un usage social.  Elle désigne un ensemble de logements sociaux individuels ou collectifs locatifs avec aménagement paysager et jardin autour de l'habitat"(lien) . Nul doute que le conseil municipal en 1928 fut sensible au progrès apporté par ce type de logement aux plus vulnérables de ses concitoyens en terme d'hygiène et de confort. Il existe à ce propos une liste de cités jardins établie par le ministère de la culture, de nombreux ensembles étant classés à l'inventaire général du patrimoine culturel, voire monument historique (lien). En consultant cette liste on peut ainsi y découvrir que, tout proche de nous, la cité jardin se trouvant rue des rosiers à Caen a  été classé monument historique en 2007.

A Ouistreham, ces maisons sont aujourd'hui habitées principalement par des personnes âgées locataires aux revenus modestes (un seul propriétaire)


Un avenir compromis pour la cité jardin ?


Monsieur Bail, de concert avec "Logipays", a fait savoir aux habitants, dont certains y ont passé une grande partie de leur vie, qu'ils devront prochainement quitter définitivement leur domicile... Des géomètres sont passés, un bornage a été posé. N'est-ce pas souvent de cette façon que l'on aborde les choses quand on compte raser un quartier ? Le progrès nous répondra t-on !

Au bout de la rue nous prenons notre cliché un peu maladroitement, cherchant un point de vue. Nous réalisons alors que, là où le Maire et les bailleurs voient des "bicoques", nous voyons, comme les urbanistes, une "construction qui signe l'histoire architecturale locale", à mettre en valeur. Une histoire architecturale, certes populaire et discrète, mais une histoire quand même, au même titre que celle des villas, des résidences secondaires. Là où ils voient du terrain constructible pour densifier l'habitat, nous voyons des espaces verts, des jardins peuplés de souvenirs, d'émotions et de rires d'enfants. Là où ils voient des logements inconfortables et médiocres, nous y voyons des logements de gens simples, au sens noble du terme, avec des vies bien remplies, des racines. La cité jardin ce sont des Ouistrehamais comme les autres, avec des histoires à raconter, des souvenirs à raviver. Des hommes et des femmes à respecter: ils font partie de notre communauté, tout simplement.


Plaque de rue avec les armoiries de la ville. 

Carte Google Map.

Encore des personnes âgées mises à mal sur Ouistreham !