03 janvier 2017

Eh bien dansez maintenant !

Passées inaperçues au milieu du compte rendu des décisions du maire donné en début de séance lors du dernier conseil municipal, deux conventions conclues avec l'association "La Mue" ont attiré la curiosité très saine de votre blog préféré...

Un abus de droit manifeste


Le maire a informé le conseil qu'il avait signé deux conventions en vertu des délégations reçues lors de la séance du 11 avril 2014. Alors bien sûr vous nous connaissez, nous sommes allés vérifier le compte rendu de la séance en question. Il y a bien eu une délibération accordant 24 délégations au maire, celles prévues à l'article L2122-22 du Code général des collectivités, mais aucune permettant au maire de mettre à disposition un terrain communal ni d'implanter un équipement culturel de prestige aux conséquences financières très coûteuse pour la commune. Romain Bail a donc agi, en l'espèce, sans droit ni titre!




 


Dans quel but?


On peut très légitimement s'interroger sur les mobiles de cette nouvelle turpitude. Car l'équipement a, à première vue, de quoi séduire. Longtemps implanté à Paris sur le parvis de la Bibliothèque François Mitterrand, le "dansoir" a connu de beaux succès et on peut imaginer qu'une présentation en conseil municipal aurait été plus valorisante que le bilan piteux du stationnement payant. Il se murmure cependant que plusieurs élus de la majorité ont renâclé devant l'initiative; l'addition sera en effet salée, très salée. Qu'on en juge, l'aménagement du square de la place du marché tout d'abord et il y a du boulot! Et puis la fourniture de l'eau, de l'électricité pour une durée d'un an ainsi que l'installation de toilettes aux normes, tout ça pour une salle dont la jauge est de...460 personnes. S'ajoutent à ces largesses, le transport de l'équipement et une somme de 20 000 euros pour l'association "La Mue" à inscrire au budget de 2017. Il paraît que Bobby n'aurait pas aimé... mais il a avalé d'autres couleuvres; l'écharpe et l'indemnité font office chez lui d'Alka Seltzer.
Alors il était sans doute plus simple pour le maire de prendre sous son bonnet la signature des deux conventions et de mettre ses co-listiers devant le fait accompli; ce qui permettait aussi de prendre tout le monde de vitesse et d'organiser devant la presse une petite manifestation. (cf Ouest France du 2 décembre)

Un très gros risque


Au demeurant, signer une convention engageant fortement la commune sans autorisation pour le faire engage aussi fortement la responsabilité du maire et celle, personnelle, cette fois de Romain Bail, en tant qu'individu. Et le risque est gros quand il s'agit de ce type d'équipement recevant du public. On espère qu'il a reçu du Père Noël une bonne assurance et le cas échéant un bon avocat... Aujourd'hui en effet, tout contribuable ouistrehamais peut agir en justice pour obtenir avec de grandes chances de succès l'annulation de ces conventions. Quant à l'association "La Mue" ainsi abusée et pour autant que ses dirigeants soient de bonne foi, elle aura beau jeu de demander au maire, et sur ses propres deniers, le remboursement des sommes engagées!


Le lieu prévu pour l'implantation où les travaux n'ont pas commencé. A notre avis les arbres ont du souci à se faire et les barrières poseront problème pour la sécurité des spectateurs...

Contretemps ou grand écart?


Au moment où s'estompent les dernières heures de 2016, les travaux préalables à l'installation du coûteux chapiteau n'ont pas commencé. Ce sera court pour honorer les engagements indûment pris pour début janvier d'autant plus que le festival "Jazz escales" qui devait inaugurer le "dansoir", comme le claironnait Bail, est finalement programmé au gymnase Legoupil.


Alors,  changement de pied ou pas chassé, notre petit rat se paiera-t-il une danseuse? 

Et vous Madame Miralles, adjointe en charge de la culture, que pensez-vous de la situation ? Un pas à droite, un pas à gauche... toujours à contretemps vous aussi. Pas glorieux et sans nos applaudissements .