09 juillet 2016

Le bonheur... les mains dans la terre


Au pied du château d'eau, a côté du rond point, à l'entrée de Ouistreham en venant de Saint-Aubin d'Arquenay, se trouve un grand jardin. Il y a un parking où l'on n'a pas besoin de payer mais on peut aussi y venir à pied. On s'y sent bien, on aperçoit au loin le clocher de l'église Saint Samson et le phare rouge et blanc de notre petite cité. On entre par le petit portail en bois ; ici pas de « privé », de « défense d'entrer », c'est un jardin ouvert où l'on reçoit et où l'on donne. Il y a une serre, une petite cabane pas tout à fait au fond du jardin quand on en besoin, de quoi s'asseoir, s'abriter, un barbecue : cela respire la vie ici ! On oublie le virtuel, pas d'écrans, les souris sont bien vivantes et dans les fourrés. C'est un réseau social concret à ciel et à cœur ouvert.



Entre verger et potager on y cultive des légumes bien sûr mais aussi le respect, l'amitié, on y voit grandir des fleurs que l'on respire a plein nez. Pas de bling bling, pas de talons ni de tailleurs, c'est le règne de la simplicité, on y va franco papoter entre les tomates et les haricots. Si on y vient un peu cabossé, c'est l'occasion , les mains dans la terre, de remettre les pieds sur terre : on retrouve les fondamentaux au contact des poireaux. On bêche, on bine, on plante, on arrose, on récolte les fruits de son travail. Il faut être patient, faire pousser des légumes cela prend du temps. Chacun a un petit lopin avec son nom, pas pour se comparer, juste pour dire que c'est un peu à soi ce petit bout de territoire communal cultivé. Après l'averse, les verts explosent, ça sent bon la nature, l'herbe mouillée et la dignité.

Ce n'est pas la productivité que l'on recherche, mais on y cultive plutôt l'art de se retrouver, avec soi, avec les autres. On y tisse un lien quelquefois fragile comme une toile d'araignée pour aider son prochain à se reconstruire, à redémarrer, à se sentir à nouveau dans une communauté, une solidarité active finalement. Les mains pleines chacun repartira avec sa production que l'on aura plaisir à faire mijoter et à déguster. N'hésitez pas à vous y arrêter, ici ils ne mangent personne : que les légumes !

Et l'oseille dans tout ça ? C'est sûr qu'il en faut mais pour faire une bonne soupe généreuse, tous les anciens vous le diront, il n'y a pas besoin d'en mettre beaucoup.


En somme c'est quoi les jardins du petit bonheur ? Vous avez deviné ? Un mot que l'on a souvent tendance à oublier mais qui s'écrit en lettres majuscules : FRATERNITE. Et la fraternité cela ne sert pas qu'a faire pousser des légumes...