03 juillet 2016

Droit comme le "I" de Ouistreham

Tonton Bédouin raconte ...

 

49°16'50''Nord 0°14'52''Est

Ce sont les coordonnées géographiques de l'emblème de notre cité, inauguré le 3 septembre 1905. La tour cylindrique peinte en blanc repose sur un soubassement en granit gris. Ce même granit gris a été utilisé pour réaliser le couronnement lui même surmonté d'une lanterne métallique. La hauteur totale du phare est de 38,20 mètres.
Le souci de baliser la passe de Ouistreham remontait à de nombreuses années puisque dès 1828, deux feux blancs avaient été installés; l'un dans le clocher de l'église, l'autre dans les dunes complétés par un feu vert fixe sur le terre-plein du port. Ce dernier était en fait un phare de voiture. Il fut remplacé en 1857, lors de l'ouverture du canal, par un fanal muni de verres à prismes, monté et descendu au moyen d'une chaîne et d'une poulie le long d'un candélabre métallique. 
Une première tour en maçonnerie a été construite en 1886. D'une hauteur de 11,52 mètres, elle signalait l'entrée du port au moyen d'une lampe à pétrole produisant une lumière blanche.


Carte postale de la fin du XIXème siècle
on y distingue l'usine hydraulique mais le chantier du nouveau phare n'a pas commencé.

 

Mis en chantier en 1903...

 

Le nouveau phare dont la construction commence en 1903 accompagne les travaux considérables de développement des ports de Caen et de Ouistreham entrepris au début du XXème siècle. Pour Ouistreham c'est aussi la construction de la nouvelle écluse (l'ancien sas d'aujourd'hui). Il sera inauguré le 3 septembre 1905. La forme cylindrique a été préféré à celle  carrée de l'ancien car elle offre moins de prise au vent .La lanterne lumineuse de 2,5 mètres de diamètre renferme au début une lampe à huile minérale remplacée en 1911 par une lampe à incandescence à vapeur de pétrole sous pression. Le phare est électrifié en 1918 et équipé d'une lampe de 30 000 bougies.


Le phare tout neuf sur cette photographie prise dans les premières années du XXème siècle;


... décalotté en 1944...

 

Si la ville a été libérée le 6 juin 1944, elle a été victime dans les semaines qui suivirent de violents bombardements de la part de l'artillerie allemande. L'un d'entre eux, le 13 août 1944, atteint le sommet du phare et pulvérise la lanterne. Sa remise en état n'eut lieu qu'au début des années cinquante. En septembre 1968, une balise-radar expérimentale, prototype unique en France, d'une portée de dix milles nautiques est installée. Le phare est aujourd'hui équipé d'une  lampe halogène de 650 w alimentant un feu à occultation de quatre secondes à secteurs blancs et rouges qui signale au marins et plaisanciers l'entrée du port et les Rochers du Calvados. La portée est de 16 milles (environ 30 kilomètres). Il est automatisé depuis 1993. Son centenaire a été fêté en 2005 au cours de manifestations et de fêtes restées dans les mémoires. Il est visitable certains jours pour ceux que ne rebute pas l'ascension des 171 marches.

Une jolie vue des années 50

 

... et même timbré !

 

Notre phare, à l'occasion de son centenaire a fait l'objet d'une reproduction sous forme de timbre poste d'une valeur de 0,50 euro par La Poste en 2004. La vignette est due au graveur Pierre-André Cousin. La sortie de ce timbre a fait à l'époque l'objet de manifestations philatéliques à Ouistreham et notamment du championnat de France de philatélie jeunesse, challenge Pasteur, dont le palmarès a été proclamé le 31 octobre 2004 à la Grange aux Dîmes.

Sources : 
- Jean Provost Histoire de Ouistreham des origines à 1939, 
- presse locale dont Liberté de Normandie 
- précieuse documentation aimablement mise à disposition par M-H. (qui se reconnaîtra...). 
- Les photos proviennent d'une collection personnelle.