28 février 2017

Quarante et un mois aux urgences !

Comme souvent nous vous invitons à revenir dans le passé, ... le 7 septembre 2013 exactement. Ce jour là un jeune prétendant à la mairie se présente en vidéo sur "YouTube" avec pour arrière plan le port et en prenant pour décor les réalisations de l'équipe municipale précédente qu'il vilipende aujourd'hui. Il déclame son homélie :



« Un marché au poisson protégeant nos pêcheurs est une urgence, former les nouvelles générations aux métiers de la mer dans un lycée maritime est une seconde exigence. Redonnons à Ouistreham Riva Bella ses lettres de noblesse un port innovant ouvert sur le monde ! » Beau programme n'est-ce pas ?

Quarante et un mois plus tard il semble que l'urgence de 2013 soit passée aux dossiers très secondaires. Les saisons ont défilé aux rythmes des maquereaux, des coquilles ou des bulots... Le lycée maritime n'en parlons pas,... c'était évidement irréalisable et, bien que membre de l’Éducation Nationale, le professeur d'histoire et géographie semblait complètement l'ignorer.

Quarante et un mois plus tard le marché au poisson avec ses 24 étals est toujours ouverts aux quatre vents et on ne peut que faire preuve d'empathie envers ceux et celles qui restent inébranlables derrière leur présentoir à braver le froid et le vent pour servir les clients. On se réchauffe parfois dans les camions stationnés autour des étals ou à la Marine pour un café... Heureusement, maigre consolation, les toilettes sont en cours de rénovation. L'alignement de poubelles le long du quai, la pompe sur sa remorque constitue toujours le paysage emblématique que l'on découvre en arrivant au port.

Sculpture d'art moderne ?
Vue sur le port.

Quarante et un mois plus tard admettons que ce lieu qui accueille les clients par la qualité des produits proposés pourrait être rénové ?

Un étal.
Pourtant l'histoire de notre ville est faite de familles de pêcheurs. Cela constitue son cœur, sa culture. Il s'agit de l'identité de notre commune, de toute une économie locale avec la débarque de la pêche, l'entretien des chalutiers, la saison de la coquille saint jacques qui figure d'ailleurs sur le blason de la ville...



Quarante et un mois plus tard les entrepreneurs locaux qui vivent de la pêche ne méritent-ils pas un peu plus de respect pour la pratique de leur commerce ? Est-ce un investissement si important que de mettre en valeur ce lieu tellement emblématique de notre ville ? Il y aurait de l'argent pour un navigateur suisse ou un plaisancier compétiteur et pas un sou pour ce lieu très fréquenté ?  La toiture en courbes océanes de l'architecte Bienvenu de 1992 ne mérite-elle pas mieux que des bâches ou des installations diverses et sommaires pour protéger du vent et de la pluie ceux et celles qui passent leur journée à faire vivre leur commerce?


Quarante et un mois plus tard où sont les promesses ? Tombées au fond du port. On invoque le manque d'argent ? Nous n'aurons pas l'indécence de rappeler encore et encore la longue litanie des gabegies locales...! On nous répondra alors qu'il y a d'autres priorités aujourd'hui comme le Centre d'Interprétation Franco-Britannique à 15 millions d'euros ! On rêve international à la mairie alors le local....! Il semblerait simplement que, pendant que des hommes vont en mer, d'autres n'ont visiblement pas les pieds sur terre ! Ouistreham ne doit pas retrouver ses lettres de noblesse, cette ville doit retrouver son âme, tout simplement.

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