13 juin 2016

Incorrigible !

Décidément Romain Bail est incorrigible. Pris les doigts dans le pot de confiture, il s'obstine à nier l'évidence du forfait.
  

C'est pas moi, c'est l'autre!


Comme les récentes chroniques de LPB l'ont rappelé, notre édile avait opposé, au travers d'un article dans Ouest France, un démenti formel, la main sur le cœur, aux affirmations selon lesquelles les nombreux voyages effectués par son altesse l'étaient aux frais de la ville. Trois ou quatre cents euros pour l'Angleterre, des prises en charge par des organismes extérieurs pour Chypre ou la Croatie, un voyage privé en Finlande...Des broutilles quoi ! Et quelle injustice pour quelqu'un qui ne songe qu'à porter haut, et loin, l'image de Ouistreham Riva Bellâaaa...!

Bon, LPB et l'intervention d'un conseiller municipal ont rétabli la vérité. Le journal Liberté de Normandie est entré dans le débat et a sollicité les réactions du Romain. Eh bien, c'est pas lui c'est les autres! Ce sont les autres qui ont voyagé avant lui donc il peut le faire, ce sont les autres qui ont entraîné la tenue d'un conseil municipal à huis clos, donc il n'a pas pu expliquer pourquoi il dépensait tant. Et puis la transparence c'est lui, c'est pas les autres puisque LPB a pu se procurer les factures ! Enfin c'est le trésorier qui les a fournies, parce que lui... il a toujours refusé de le faire !


Détournement de procédure



Soyons clairs, ce ne sont pas les voyages qui sont incriminés, ce sont les abus, les petits (et gros) arrangements, la gabegie qui les accompagnent. Il est en effet normal, comme tout autre responsable d'une collectivité, qu'un maire représente sa commune, qu'il aille plaider les dossiers à la capitale ou qu'il se déplace pour défendre des projets et qu'il n'ait pas à en supporter les frais. Rien à redire, et le Code général des collectivités territoriales prévoit de manière précise les modalités de prise en charge.




Y compris pour ce qui concerne les mandats spéciaux que s'est fait octroyer le maire par une majorité à la botte (même si cette botte est fort bien portée, à l'écuyère, par certaine blonde). Mais peut-on croire que cette majorité est à ce point aveugle, anesthésiée, fascinée, ou comme certains le disent, stipendiée pour accepter ce qui frise souvent l'inacceptable ? On ose penser que certains n'ont pas mis totalement leurs convictions dans leur poche et que la réaction couve...

En effet, ce n'est pas le voyage à Londres qui est répréhensible mais qu'on ait menti sur son coût réel, qu'on y ait invité, aux frais de la ville, quelqu'un qui n'était ni élu, ni fonctionnaire communal sans obtenir au préalable l'accord du conseil (même et surtout si on sait ce qu'il vaut !) et qu'on ait détourné à cette fin l'objet de la régie d'avances du service Europe. (C'est technique mais un cours de comptabilité publique dépasserait les limites de cet article).

Choquant 

Ce ne sont pas non plus les voyages à Chypre ou en Croatie qui sont choquants en eux mêmes, pour autant que l'on puisse en prouver la réelle utilité pour la ville. On en doute, on vous le confesse, et on ne vous parle pas de la Finlande... ! Mais prétendre qu'ils ne coûtent rien à la ville et mépriser ceux qui s'efforcent d'établir la vérité en les envoyant vérifier la facture d'eau des toilettes qu'il utilise, c'est grossier, indécent, scandaleux. C'est vrai que notre maire élude soigneusement l'affaire de la balade tropézienne (sans mandat spécial mais peut-être que messieurs Hitier ou Pujol lui ont signé un ordre de mission) et du vaudevillesque accrochage de la voiture de location payée par la commune. On ignore s'il partage la conception proustienne de l'utilité d'un jeune (et vigoureux?) chauffeur car cette fois plutôt que d'envoyer l'opposition vérifier la consommation de la chasse d'eau, il l'aurait sans doute encouragée à inspecter la propreté des bidets du palace tropézien !

Vous direz encore que l'on fait de l'anti Bail primaire et systématique, mais en votre âme et conscience qu'en pensez-vous ?

Ah oui, au fait, le monarque outragé menace puérilement de déposer plainte; on cherche en vain le motif, lèse majesté peut-être, alors qu'on parle sérieusement d'une autre plainte, pour abus de biens sociaux celle-là, à son endroit cette fois!