07 octobre 2017

Le passé au présent


Cet article aurait aussi bien pu s’intituler L’AVENIR AU PASSÉ ou RETOUR VERS LE PASSÉ ou encore NO FUTURE. Car à l’heure du « BMM » (Bilan Manifestement Mitigé ?) (Bail Maire Médiocre ?), on peut légitimement se demander si l’équipe aux commandes n’aurait pas un léger problème de concordance des temps et une nette tendance à faire du neuf avec … du vieux ?
Le slogan de la campagne "rominoubaillesque" donnait déjà le ton il y a trois ans : « l’avenir au présent »… Au-delà – et ce jugement n’engage que le rédacteur de cet article – de la pauvreté crasse d’un slogan qui sonne creux, force est de constater que l’action municipale de ces trois dernières années apparaît en « léger » décalage avec ledit slogan. L’avenir, donc…
avenir
nom masculin
(de le temps à venir)


Définitions
  • Le temps à venir, le futur : Vivre dans le présent et non dans l'avenir.
  • Les événements futurs : Avoir confiance en l'avenir.
  • Les générations futures, les personnes qui vivront plus tard, la postérité : L'avenir lui rendra justice.
  • Situation, sort de quelqu'un dans le temps à venir, évolution, destinée de quelque chose : Compromettre son avenir. L'avenir d'une entreprise.


L’avenir, donc, ce porteur d’espoir, de modernité, de projets innovants, semblait naturellement trouver son incarnation dans ce jeune maire, Romain Bail, qui mettait fin au trop long règne d’un vieux lion… Un jeune maire qui nous promettait donc « l’avenir au présent ». On allait voir ce qu’on allait voir. La ville allait prendre un nouvel élan, se tourner résolument vers le futur, la façon de gérer le personnel et de mener les affaires allait prendre un coup de jeune et, enfin, Ouistreham pourrait vivre avec son temps ! Pôle Europe, rénovation de l’avenue de la Mer, fête After Bac, projets hôtelier à la pointe du Siège et immobilier sur les jardins de la Mairie... Déjà l’ivresse nous gagnait. Déjà nous voyions Ouistreham rayonner sur la Côte de Nacre, sur le Calvados, sur la Normandie, sur … Et puis, pschit.



 
 




Alors, que faire quand on est à court d’idées pour demain ? Eh bien, on vous le donne en mille, c’est pas bien compliqué : remettre hier au goût du jour ! 

Un pique-nique rétro par-ci, une fouée de la Saint-Jean par-là, un bal du 14 juillet, un Carnaval aux chars fleuris de 15 000 pièces en papier et des feux d’artifices en veux-tu en voilà. Célébrons l’avenir ! 

Et puisque monsieur le Maire est un démocrate, élisons ! Une Super Mamie (ça c’est vraiment nouveau) ; une miss Riva-Bella, comme au bon vieux temps ; un comité de retraités qui pense le Ouistreham de 2050 ! Moderne, on vous dit ! 
Et puis, on pourrait changer le nom de notre commune et lui accoler celui de Riva-Bella… comme avant ! 
Célébrons l’avenir encore, avec un projet pharaonique mettant en valeur 1000 ans de relations franco-britanniques… passées ! 
D'autres idées d’avant-garde pour la plage : revivifions la promenade de bord de mer avec de bonnes vieilles planches à la mode d’antan. Une autre : mettons en place un novateur Club Mickey pour l’été ! Et encore une : redonnons un nouveau souffle aux cabines de plage pour retrouver l’ambiance Belle-Époque ! Des idées, encore et toujours : la location de chiliennes en bord de mer ! 
Et, bouquet final, implantons « un lieu nouveau pour des activités nouvelles » (salon de thé, bals, cabaret) : le Dansoir et son innovant bar Art Déco ! 
N’oublions pas non plus que des émissions de télévision dernier cri ont été délocalisées à Ouistreham : Midi en France et Le Jour du Seigneur...

Alors bien sûr, encore une fois, on nous reprochera notre mauvaise foi. Bien sûr, on nous dira que des mesures pour l’avenir il y a avec, entre autres, le projet éolien off-shore (mais merci PNA et EDF/EN). 
Bien sûr on nous dira que la ville s’est modernisée : bornes pour les voitures électriques et LED pour éclairer la ville (merci le SDEC), caméra sur la plage, nouveau logo, surveillance vidéo, conseil municipal filmé ! 

Il n’empêche, pour faire fi du passé proche, sans doute trop associé aux mandats d’André Ledran, Romain Bail a clairement opté pour le retour à Ouistreham d’un passé plus lointain. Est-il atteint d’une fièvre commémoratrice chronique ? Ne fait-il que surfer sur la vague gentiment passéiste mais tendance du « c’était mieux avant » ? Toujours est-il qu’en toute honnêteté, on ne voit pas bien en quoi notre ville a positivement changé en trois ans ni qui pourra nous expliquer en quoi la politique actuelle de notre ville est tournée vers l’avenir. 

Monsieur Bail, s’il est prétendument calé en histoire, semble l’être moins en conjugaison : ce n’est à pas au futur qu’il conjugue l’avenir de notre ville mais bien … au passé !